La gratuité des transports publics dans l’agglomération grenobloise : c’est possible !

En France, 24 villes, de droite comme de gauche, ont institué la gratuité de leurs transports publics. La plus importante est l’agglomération d’Aubagne (100 000 habitants). À l’étranger, la ville de Tallinn (409 000 habitants), capitale de l’Estonie a également institué cette gratuité.

Une mesure sociale

La gratuité des transports publics peut modifier la vie quotidienne. À Aubagne les nouveaux usagers représentent 20%. Les anciens usagers ont multiplié par 2 leurs déplacements. L’impact le plus important se situe sur les trajets loisirs et visites à des proches. La gratuité contribue donc à augmenter la vie culturelle et les loisirs. Elle favorise le lien social, et réduit les incivilités dans les transports en commun. Elle aide financièrement les personnes à bas et moyens revenus. Elle permet d’améliorer le pouvoir d’achat des familles. Elle réduit les discriminations en aidant les personnes vivant dans les quartiers périphériques les plus démunis à sortir de leur isolement.

La gratuité des transports publics devra s’accompagner d’un progrès social pour les salariés des entreprises concernées, dans de nouvelles missions à définir et négocier avec eux. La disparition des contrôles et de la billetterie, c’est moins de stress et une amélioration des conditions de travail. Pour couvrir les besoins liés à l’augmentation prévisible de la fréquentation, il faudra embaucher plus de personnel (chauffeurs).

Une mesure sanitaire et écologique

L’instauration de la gratuité lors des pics de pollution montre déjà l’urgence de l’usage des transports en commun. La gratuité contribuera à diminuer la pollution atmosphérique que provoque l’usage de l’automobile (gaz à effet de serre, particules fines). La gratuité des transports publics contribuera à améliorer l’environnement en diminuant les nuisances sonores, les embouteillages, les accidents, en incitant les personnes à laisser leur automobile au profit des transports publics. Elle permettra de remplacer des parkings par des espaces verts.

Elle contribue à améliorer la santé, cette pollution étant responsable d’un nombre croissant de maladies respiratoires et d’allergies. En 2012 selon l’OMS, 7 millions de personnes dans le monde sont mortes du fait de l’exposition à la pollution de l’air — dont une bonne part provient de l’automobile —, laquelle représente « désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde ».

Comment financer ?

Aujourd’hui, les transports publics sont déjà financés à 85% par la Métro, le Conseil général et les entreprises. La vente des billets ne couvre que 1% des recettes. La disparition des matériels de billetterie représenterait une économie conséquente. Sans compter les gains en coûts de santé et les gains en coûts écologiques.

Le Conseil général et la Métropole Grenobloise doivent renforcer leur participation au service public des transports ! De plus, les possibilités de financement du manque à gagner sont nombreuses :

  • Une réforme de la fiscalité et une véritable et juste répartition des richesses ;
  • Demander une subvention de l’État (eu égard aux 230 milliards d’euros en 2013 d’exonérations sociales, d’aides publiques et de cadeaux fiscaux aux entreprises) ;
  • Une augmentation de 2 à 2,2% de la taxe-transports payée par les entreprises ;
  • Stopper les dépenses dans des projets inutiles.

L’argent existe, il suffit de l’utiliser autrement, en replaçant la démocratie au cœur des processus décisionnels.

La gratuité : un choix politique

Déjà, dans notre société, la gratuité des services publics comme l’Éducation, les soins avec la Sécurité sociale, les routes, les musées isérois, constitue une avancée dans l’émancipation de chacun. Dans certaines communes, des élus ont ouvert d’autres espaces de gratuité comme celui des obsèques ou de l’eau. La gratuité c’est une autre façon de gérer l’argent public. Ce n’est pas le gaspillage de l’argent public, c’est le contraire !

La gratuité est un choix de société, elle remet en cause la marchandisation de nos besoins et de nos vies. Elle doit contribuer à ce que les besoins essentiels de l’Homme soient satisfaits, elle contribue à l’égalité de tous sur le territoire et à pallier les urgences sociales et écologiques.

La gratuité une utopie ? Non, une avancée écologique et sociale !

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